Etienne Robial +

Ses études

Etienne Robial est un graphiste/éditeur, né à Rouan en 1945. Il poursuit ses études aux Beaux-Arts de la même ville et obtient 20/20 avec une thèse sur la façon dont sont répartis les points noirs sur la surface blanche des doinos. Suite à cela, il étudie à l'école des Arts et Métiers de Vevey (Suisse), très réputé à l'époque. Il apprend l'importance de la relation entre les formes et les couleurs et développe un style très minimaliste.

Premiers pas

A partir de mai 1968, il met en page l'Enragé puis signe un contrat pour faire des pochettes de disques, un travail dans lequel il ne va pas s'épanouir. Il quitte donc la maison 2 ans plus tard pour se lancer dans l'édition et la bande dessinée. Il créa alors Futuropolis, une célèbre bande dessinée qui n'est plus éditée aujourd'hui. En 1980, il rencontre Pierre Lescure qui lui propose d'imaginer le générique et l'organisation des "enfants du rock", une émission diffusée alors sur Antenne 2. Pour le générique, il assemble 4 bandes horizontales et place des parties de visages en mouvement qui viennent se croiser pour reformer un visage complet. Idée qu'il reprend d'une précédente mise en page pour le magazine féminin "Zéro". En 1982, se monte, en collaboration avec Mathias Ledoux, le projet ON/OFF Production, spécialisé dans l'identité visuelle et l'habillage télé.

Directeur artistique

En 1984, il est embauché chez Canal+ comme directeur artistique. Il se doit donc de créer une charte graphique pour la chaîne. Pour cela il créé d'abord un logo, qui doit être suffisamment modulable pour être adapté sur différents supports (enseigne, affiche, site internet, emballage) Il doit aussi avoir une version animé pour les génériques. Le logo doit être conçu pour pouvoir évoluer sans pour autant dénaturer la ligne principale et faire un changement trop brusque pour ne pas choquer le client. Le logo de Canal + à su évoluer et garder l'esprit d'une typographie blanche sur fond noir (le contraste le plus important) avec un apport de couleurs variés et modulable. De plus on retrouve des formes géométriques simples (le plus, le rectangle, le carré, l'éclipse) Pour en revenir à la typographie, Futura à été inventée par Paul Renner, un typographe Allemand. Elle est intéressante pour sa simplicité formelle très cubique qui la rend indémodable et d'une sobriété entraime. Elle résume donc les nessécité d'un logo : simplicité, flexibilité, intemporalité.

Il a aussi du créer les transitions entre les programmes. Pour cela il utilise des cases, aléatoirement placés, mariées par paires de couleurs clignotent (blanc, noir, rouge, orange, jaune, bleu, vert, gris). Rien qu'en combinant ces 8 couleurs, il existe plus de 90 possibilités. Il ne veut jamais voire les mêmes choses dans ses transitions car il trouve cela très rébarbatif. Les logos de la chaîne et des émissions gardent le même alphabet: cartouche noire pour Canal + et lettres blanches. En revanche, les jingles, ces petites musiques qui accompagnent les génériques changent. Les jingles tous très courts, jouent sur des bases mélodieuses poétiques et printanières. Les deux musiciens Philippe Eidel et Arnaud Devos qui avaient déja réalisé le premier habillage sonore de la chaîne. Pour cela, ils utilisent une poignée de notes, variant entre un quatuor de cordes, clarinette, harpe, accordéon, ou des instruments traditionnels comme leouzouki ou le charango . Robial dit que le plus grand ennemis de l'habilleur télé, c'est l'usure car les transitions, programmes passent régulièrement et qu'il ne faut pas donner envie aux gens d'étendre la télé juste à cause d'un son ! Tout doit donc varier, être renouveler pour avoir une composition inédite à chaque visionnage.

Etienne Robial a même du se charger de la vaisselle dans les restaurants de canal, du design des boitiers, du cadrage des émissions en passant par les conseils vestimentaires pour les hotesses. Il peut et doit intervenir pour sur toutes les personnes travaillant au sein de Canal + pour les coordonnés. C'est un peu comme le chef d'orchestre. Dans une bonne image, rien n'est laissé au hasard, c'est ce qui fait sa force. Il utilise son expèrience dans l'édition et dit que pour une BD, ce qui fait l'identité est aussi bien le papier que le dessin, pour la télé, c'est aussi bien le programme que le cadrage que les éclairages.

Il précise aussi qu'il ne cherche pas à faire joli, mais vraiment d'identifier et faire passer une information. C'est un point essentiel.

La consécration

Tout ces éléments lui on permis de créer une très forte identité visuel qui à vite été rechercher par les autres chaînes. En 1986, il travail avec la chaîne "La Sept", en 1987 avec "M6", "RTL" en 1994. Il travail aussi avec I Télé, une chaine appartenant à Canal.

Enfin, aujourd'hui Robial est professeur d'arts graphiques à l'ESAG (Ècole supèrieure d'arts graphiques) et enseigne ses méthodes: il dévalorise le travail purement informatique par lequel, selon lui, on ne fait que placer des lettres et favorise les manipulations du dessin ou du collage, ajoutant une vie, un charme.